Psychiatrie au cinéma. Clichés et poncifs.

Ceci complète l’analyse du film Frances :

Au cinéma, on ne se prive pas de nous montrer des professionnels de santé psy qui n’y comprendraient rien et qui se contenteraient « d’emprisonner » de pauvres victimes, le plus souvent parfaitement normales. La psychiatrie est vraiment le parent pauvre du 7ème art.

C’est le thème très porteur, de supposés excès de pouvoir, d’une médecine prétendue lourde et brutale, au service de je ne sais qui et je ne sais quoi.

Il y en a marre de ces thèses grossières.

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Mais il faut reconnaître qu’avant les neuroleptiques, les asiles et la psychiatrie étaient très démunis. Comme ces établissements se montraient assez impuissants, il a été facile de propager de nombreuses idées fausses et sur les maladies et sur les traitements.

Comme la psychanalyse n’a jamais résolu aucune psychose (ni même une névrose?), on tentait avant tout la sédation profonde, de ceux qui souffraient tant. Et cela ne marchait pas très bien (*)

Les cures d’insuline n’étaient pas vraiment la panacée.

Par contre les très décriés chocs électriques étaient souverains dans les psychoses maniaco-dépressives.

  • J’ai vu des résultats surprenants, avec maintien complet de l’intégrité des personnes et de leur moi, après parfaite rectification du trouble de l’humeur. Je ne pense pas pourtant être un allié de tortionnaires.
  • Mais que peut-on contre leur mauvaise réputation de maintenant ? Le film va là encore dans le sens des appréhensions du public, pour qui même une bénigne vaccination sème la terreur.

La chirurgie mutilante cérébrale, dont on parle vers la fin était vraiment une technique d’un autre âge. On en trouve des traces sur des cranes antiques, voire préhistoriques.

  • Et même si cela semble « calmer » Jessica Lange, la lobotomie irréversible est heureusement abolie de nos jours. La science n’a pas toujours eu raison, je suis bien d’accord avec cela. D’ailleurs Frances reconnaît sous serment avoir menti à ce sujet, sa lobotomie n’a jamais lieu. Le film  » Frances  » ment.

Le public oublie le plus souvent qu’il ne doit pas se sentir menacé. Il n’y a pas de ces « faux » fous camisolés contre son gré. De nombreux… garde fous existent.

A quoi bon sommer vouloir sommer de juger, en particulier à travers des films romancé, ces spectateurs perdus et émus, qui ne sont pas des experts psy. Je ne me mêle pas de matchs de foot moi.

Les maladies psychiques ne sont pas des vues de l’esprit. Ce ne sont pas des mensonges diaboliques qui servent à normaliser de simples asociaux, des dissidents politiques. Elles ne sont même là pour « corriger » une personne qui se permet de dire aux USA, qu’elle ne croit pas en dieu !

Ces pathologies mentales existent bel et bien et sont souvent dramatiques, et pour la personne et pour son entourage.

  • Or ici on n’est pas tendre avec la famille ; on la prétend même toxique.

Les praticiens sont rodés pour détecter les simulateurs ou ceux qui tout bonnement ne sont pas de leur ressort.

  • Ceci soit parce qu’il n’y a pas de maladie qui mérite qu’on s’y arrête.
  • Soit qu’au contraire, parce que les symptômes cachent une cause organique, qui dépend d’une autre spécialité.

Ces professionnels aguerris ne sont pas des clowns qui ne forment leur jugement à travers d’une sorte de « tribunal » et des détecteurs de mensonge. Ce ne sont pas des spécialistes amateurs mais qu’on pourrait facilement abuser dans un sens ou dans un autre. On ne voit cela qu’au cinéma. Et c’est bien triste.

La psychiatrie ne se préoccupe pas d’un supposé ordre moral, d’une normalité sociale bien définie, voire de « déviance » politique. Cela n’a rien à voir. Combien de fois faudra-t-il le répéter ?

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Mais ces clichés anti-psy sont durement incrustés dans la tête des gens non avertis, surtout chez ceux qui sont sensibles au complotisme.

Dieu sait (encore lui) comme ces préjugés sont tenaces et font du tort aux patients, en retardant par exemple une nécessaire prise en charge.

On ne devrait pas avoir à demander aux spectateurs de s’identifier à ces situations, qui ne sont pas les siennes et qu’il ne comprend pas vraiment. C’est pire encore quand on flatte des intuitions les plus primaires, les plus fausses. Non la terre n’est pas plate, et la maladie mentale n’est pas inscrite sur le faciès des gens.

  • Mémé peut vous sourire aimablement et être quand même rongée par un terrible Alzheimer.
  • Un délirant paranoïaque peut vous tenir un discours d’apparence très logique et pourtant être très atteint.

Laissez le tri au pro. Ils savent y faire.

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Les clichés anti-psy sont durement incrustés dans la tête des gens non avertis. Dieu sait (encore lui) comme ces préjugés sont tenaces et font du tort aux patients, en retardant par exemple une nécessaire prise en charge.

On ne devrait pas avoir à demander aux spectateurs de s’identifier à ces situations, qui ne sont pas les siennes et qu’il ne comprend pas vraiment. Ou alors, comme ici, quand on va dans le sens du bagage d’intuitions les plus primaires, les plus fausses.

(*) Feu mon père, un grand intellectuel et un professionnel de santé avisé, me racontait qu’il y a eu un avant et un après le largactil (invention française). Une fois que la découverte s’était propagée, ces établissements où on entendait que des cris de souffrance, sont devenus silencieux. Les patients psychotiques ont même retrouvé une certaine liberté. Il n’est pas question d’accabler la psychiatrie en prétendant qu’il ne s’agissait que d’une « camisole chimique. »

https://en.wikipedia.org/wiki/Frances_Farmer La version US est bien plus intéressante

Ne pas se fier aux apparences. Un beau visage lisse et serein peut cacher un mental et/ou une cervelle abîmés, destructurés.

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